Diantre, je ne pouvais rester là à voir ces hordes de succubes arriérés s’en prendre à une agence œuvrant avec une telle noblesse d’esprit. Je parle évidemment de Fred&Farid, qui a parfaitement mis en application tout ce à quoi chez ActaDiurna nous nous battons. Nous ne pouvions trouver plus belle incarnation de nos écrits, ils sont des modèles que les autres agences se doivent de copier avec la célérité d’un canard à huit pattes.
Il est un dicton à Tchernobyl qui résume parfaitement la situation : « les agences, c’est comme une femme enceinte, on ne sait jamais ce qu’il va en sortir ». Ici, l’association de deux esprits a accouché des plus ténébreuses pratiques, comme si la boite de Pandore nous avait éclatée au visage. Fred&Farid, qui à l’origine devait s’appeler Laurel&Hardy (mais #LH voulait rien dire à la différence de #FF qui peut être trompeur avec le fameux follow friday), est vraiment l’agence avec un grand A.
Je suis personnellement très fier de la manière dont ils gèrent les différentes critiques, avec un mépris aussi profond que l’humour d’un ventriloque ayant des remontées gastriques nous enseigne sur le sens de la vie au cours du IVeme siecle.
Je voudrais faire taire toutes ces critiques ; ces abnégations d’une magnificence communicationnelle qui vous aveugle pourtant par sa splendeur. Pour cela, je me dois de prendre la plume, comme un écrivain de roman policier se devrait de défendre un psychopathe de chatons. Prenons la chose sous cet angle : que nous enseigne Fred&Farid quant à la déontologie et aux techniques machiavélique 2.0 ?
Alors, allez vous rester là dans votre bulle, hermétique et prostré dans votre position ou vous ouvrir telle une fleure sur un bubon cadavérique à une nouvelle approche ?
Tout d’abord, Fred&Farid a augmenté artificiellement ses comptes de la même manière qu’un acteur autrichien futur gouverneur californien futur acteur autrichien a gonflé ses muscles. Malheureusement, ils ont été démasqué assez aisément mais bon, l’idée était intéressante : faire croire que l’on est influent. Car on ne saurait être l’agence de référence auprès des clients si on ne l’était dans la vraie vie numérique auprès de badauds amorphes.
A ActaDiurna, nous pratiquons le follow back évidemment mais surtout nous avons également voulu nous acheter des followers. Mais, par soucis d’économie, nous nous sommes abstenu. Pour l’heure, le Docteur Enfoirus a commencé à s’adonner à la nécromancie pour réveiller les morts et crée des comptes zombies. Mais passons, notre heure arrivera également.
Comme nous l’évoquions dans l’un de nos articles, que Fred&Farid ont forcément lu :
« un profil d’influent passe par un profil dûment rempli et un parc à huîtres de followers, ordonnées, plats et baignant probablement dans un océan de solitude »
Lire notre article : “comment faire croire à son influence sur Twitter”
2 – Vendre du vent à ses clients
Fred&Farid a réussi ce que nul autre n’avait réussi (enfin si mais pas à ce point, enfin si mais sans se faire autant griller): vendre du vent à un client. En créant des interactions avec des faux profils, l’agence a clairement vendu du vent à Orangina.
Je vois déjà les débriefings de l’opération : « na mais regardez ces cinq personnes, elles participent énormément c’est un véritable succès » et « na mais regardez la taille de cette communauté qui ne participe pas et dont chaque membre n’a pas d’amis c’est un véritable succès » ou encore « na mais regardez les trending topics de twitter … non non cliquez pas dessus c’est pas nécessaire … enfin bref, vous êtes dedans c’est un véritable succès« .

- Regardez chère Cliente, là bas Facebook ... 1 milliard de clients potentiels - Ca m’électrise Fred
Encore une fois, nous l’évoquions dans un article précédent :
« Votre client ne s’attardera qu’à une chose, une donnée qui lui parle. Vous allez donc vendre la taille d’une communauté qui est visible d’un simple coup d’œil, mais qui est également courbable, à savoir que vous pourrez proposer de jolis graphismes lors du suivit. Il faudra qu’elle dépasse celle du concurrent bien sur, mais surtout qu’elle en impose sur le plan numérologique. Quelque chose de massif, type l’armée de terre cuite de Xian en moins terre et en moins cuite. Rappelez vous que votre client se fiche de savoir combien de consommateurs participent à l’émulation collective mais la masse qu’ils représentent et c’est tant mieux parce que c’est facilement malléable. »
Lire notre article : “comment vendre frauduleusement Facebook à ses clients”
3 – Lâcher dans l’arène un stagiaire ou un jeune dont le nom n’est pas sans rappeler les sombres Disney
Cerise sur Groupama, Fred&Farid a mis dans l’arène un de ses community manager à l’arrogance démesurée pour canaliser la haine contre ce parangon de pédantisme. Encore une fois, ce fut raté mais bon l’idée était là, subtile et sournoise.
Gontran, ce prénom qui fleure l’univers des canards de Carl Barks, l’innocence d’un enfant schizophrénique dans l’univers glauque de Disney. Car au delà se sacrifier un simple jeune, Fred&Farid a choisi celui qui rappelait implicitement aux plus âgés leur enfance lugubre, cette part innocente en chacun d’eux. Cela aurait pu être Donald, Mickey mais non, c’était bien ce cousin affable, dandy chanceux pas vraiment méchant mais malheureux en amour pour la belle Daisy, l’anti-héro Gontran.

Loin de nous l’idée de nous dire que nous les avons inspiré, mais il faut reconnaitre que notre philosophie du sacrifice n’a jamais autant été mise en application. Nous aimons beaucoup comme un chasseur devant le dernier dodo.
Comme nous l’évoquions dans un article à propos des stagiaires :
« Une chose qui peut être également intéressante est de demander au stagiaire d’aller spammer les forums et autres supports (comme les blogs ou les mails) avec sa véritable identité pour ruiner sa réputation numérique. »
Lire notre article : Comment s’amuser de ses stagiaires
4 – Insulter tout le monde
Aussi loin que l’homme est singe (quand on est pas créationniste ou mormon), il a toujours usé du doigt levé : soit pour demander la parole ou invoquer la sagesse (index), soit pour montrer une certaine aristocratie (auriculaire), soit pour alpaguer des transports en communs comme le mammouth ou la voiture (le pouce), soit comme le font Fred&Farid, pour signifier une fin de non recevoir.
Car insulter les autres, par des gestes ou des paroles est probablement une saine manière de clore toute conversation, de mettre fin à tout débat. Magnificence d’un acte que seul un esprit noble peut appréhender dans toute sa splendeur. Fin orateur, le geste vaut mieux que la parole lorsqu’il est exécuté avec l’élégance d’un démembré dansant le twist.
Or des voix nous font dire que le compte du président Nicolas Sarkozy serait gonflé artificiellement par des bots, probable marque de fabrication de Fred&Farid même si des doutes subsistent. Nous imaginons dès lors avec un certain rictus démoniaque les débats présidentiels sur les conseils de la sainte agence : “Monsieur Sarkozy qu’avez vous à dire ? … ah mais c’est … un doigt ? ”. Celle qui avait conseillé le « casse toi pauvre con » était vieille et obsolète, on voit une fois encore que Fred&Farid est l’agence tendance, celle de tous les coups (bas).

Leur réaction va finalement nous inspirer, l’élève a dépassé le maître il faut l’avouer. Un tel dédain pour les autres lorsque l’on parle de web communautaire et d’éthique (brrrr quel mot terrible) il faut le faire. Passer le pas de ce qu’il nous trotte dans la tête à son application … je pense que je vais aller chercher une hache.
Conclusion
Nos conseils sont de l’or en barre que des agences s’approprient, il est vrai et démontré ici. Malheureusement, il faut le faire avec une certaine sagesse, un certain machiavélisme indicible pour ne pas subir les foudres de pédants jaloux. Nous sommes honorés que Fred&Farid aient lu nos diatribes et sommes déçus de la perception de notre profession à leur égard. Il y a pourtant ici tous les éléments qui font les grandes agences de demain et d’aujourd’hui : des faux profils, une abnégation du client, des communautés gonflées, des jeunes qu’ont lâche en pâture à la foule, du buzz et des doigts levés … Que vous faut-il de plus, chers collègues ?
Oui, je l’admets, ils jettent un certain discrédit en mettant à nu nos pires pratiques. Mais faut il leur jeter la bière, les mettre au crucifix ou dans un tombeau de purin ? Bien sur que non, ils ont pêchés par orgueil, en se disant que la popularité d’ActaDiurna en faisait implicitement un agent messiatique pour leurs concurrents. En nous lisant, nous nous doutons qu’ils ont du se transcender, vouloir aller trop loin, mais à vouloir voler trop près du soleil, n’oubliez jamais qu’Icare se brule les ailes (et le …).
Reprenons nos pelles, nos sacs et nos stagiaires et retroussons nos manches. Il nous apparaissait évident que nos écrits implicitement indiquaient une notion évidente : “faire ça discrètement” … La prochaine fois, on le mettra en gras avec une balise pour le faire clignoter uniquement pour embêter les épileptiques.


A vous lire, j’ai laissé éclater un rire bien gras. Ce qui nuit grandement à ma féminité.
Je ne vous félicité pas !
Merci !
Pas du tout mal ! …en revanche :
« tout ce à quoi chez ActaDiurna nous nous battons » -> tout ce pourquoi nous nous battons chez Acta…
« Il est un dicton » -> Il y a un dicton
« techniques machiavéliqueS » (accord)
» ils ont été démasquéS » (Idem)
« Mais, par soucis d’économie, nous nous EN sommes abstenuS. »
« des jeunes qu’ont lâche en pâture à la foule » -> qu’on lâche (sans t)
« ils ont pêchés par orgueil » -> ils ont péché (circonflexe = pêcher des poissons ; il n’y a pas d’accord de nombre… mais demandez au Bescherelle, je suis fatigué, là
« nous nous doutons qu’ils ont du se transcender » -> qu’ils ont dû (là, oui, il y a un circonflexe, diacritique)
« se brule » -> se brûle (décidément, vous et le circonflexe, ça fait 10, maÎtre !
Je devrais en faire mon métier, la correction orthographique des blogs. Avec tous les communicants qui ne savent pas bien écrire en français… (et c’est un étranger qui le constate) La prochaine fois, je vous en envoie la facture :/
Salut!
Bonjour, nous vous invitons à lire un de nos articles traitant justement des fautes d’orthographes qui répondra à vos questions : http://actadiurna.fr/2012/01/16/pourquoi-les-fotes-dorthographes-definisse-un-grand-consultant-web/
« Il est un dicton » se dit M. l’Etranger
Les dictons !
J’ai beaucoup apprécié votre approche. A quand l’Orchestre du Splendid façon Salsa du Démon 2.0 ?
Vous devriez être maître dans l’organisation de bad buzz… une idée d’article ?
A penser !
Je m’aperçois avec horreur que c’est bien vous, Docteur Enfoirus, qui êtes à l’origine de toutes ces manipulations de comptes par les agences et de truandage de l’innocence angélique de l’annonceur.
Vos modes d’emploi du bon petit arnaqueur doivent être imprimés et reliés dans des guide books chez certaines agences. Vos mots cyniques doivent inspirer des générations de neo-consultants.
C’est donc bien à vous qu’il faudrait décerner le grand prix startégies digitales de cette année. Vous les explosez tous, bravo !
Un grand merci, mais c est mon acolyte qui s’est collé à cette diatribe. Pour les un an de ce blog, d’ici fin mars, nous prévoyons de relier tous nos articles pour éviter que certains en lise un sans prendre en considération le bon sens des autres !
Belle plume !
Un grand merci
Pour faire suite à votre article, le statut FF (les commentaires valent le détour) : https://www.facebook.com/fredfarid/posts/10150618745767920
Etrange, cela ne leur ressemble pas … s’acheteraient ils une triste conduite ?