Tout professionnel qui se respecte vous le dira : pour être considéré comme leader dans son domaine, il n’est pas que nécessaire de faire croire à la brillance de ses écrits ou collectionner les fans comme un croc-mort un jour de grande peste. Il faut du charisme, de la prestance, que dis je même, une attitude qui dénote un caractère hautain et méprisant à l’égard des petites gens que sont la plus part des internautes.
Le monde édulcoré des fleurs, des grand-mères que l’on enterre un jour d’automne n’est pas forcément l’apanage des influenceurs de ce monde numérique. Vous devrez faire preuve d’autorité, ne pas vous laisser marcher sur les pieds et affirmer tout le dédain que vous éprouvez pour des êtres aussi imparfaits que vos abonnés.
Alors, allez vous rester là, sombre inconnu au sourire laconique de demeuré du village ou allez vous enfin vous affirmer comme un leader ?
1 – Le tutoiement n’est pas de rigueur
Un grand nombre de vos abonnés éprouveront la vile envie de vous tutoyer. C’est extrêmement connu, dans le monde des médias sociaux, tout le monde est un ami de longue date. Diantre, que nenni, offusquez vous comme un grabataire devant un soap opéra. Tel un royaliste catholique chouan amateur de choux qui aurait survécu aux colonnes infernales, montez sur vos grands chevaux et demandez au pédant de s’excuser sur le champs.
Le vouvoiement a été inventé en 1251, un 21 mars pour être plus précis, à 14h37 pour être encore plus précis bien que la précision sur les cadrans solaires de l’époque était un peu ce qu’est la route à un conducteur ivrogne, quelque chose de floue. Il a été inventé par un seigneur pour bien différencier les castes qui l’haranguait dans la rue : d’un côté les élites, de l’autre les basses classes prolétariennes.
Il est hors de question de se laisser abaisser à une telle position sociale par de jeunes coqs arrogants ou de vieux canards boiteux. Vous devrez donc vite remettre l’impudent à sa place par une diatribe bien placée :
« Nous n’avons pas gardé les castors géants du Nebraska ensemble, s’il te plait, vouvoie moi »
Note : N’oubliez pas de le tutoyer, pour lui rappeler à quelle sous catégorie il appartient.
2 – La moquerie passe par la case prison
Lorsque l’on est un brillant influenceur, il arrive fréquemment de s’attirer les foudres d’hordes d’internautes jalousant votre rang élevé. Il n’est pas rare d’être alpagué par rapport à des propos interprétés de manière malhonnête.
Ainsi, vous pouvez promouvoir votre parfaite appréhension d’un phénomène, vous targuer d’avoir anticiper certaines évolutions, ceci afin d’asseoir votre image visionnaire, lorsque soudain un pédant vient vous vomir sa haine au visage.
N’hésitez surtout pas pour chaque détracteur d’aller faire une dénonciation à la police, fidèle alliée des classes aisées persécutées. Votre déclaration portera sur la diffamation, sur l’insulte ou vous pouvez carrément invoquer un racisme latent si vous faites partie de ces communautés stigmatisées : alcoolique-breton, consanguin-nordiste, indépendantiste-vendéen, zoophile du Jura…
Dès lors, armé de votre précieux papier, n’hésitez pas à en faire une copie numérique et à le partager sur Twitter via pour faire régner la terreur sur les landes abandonnées à l’effroi.Les faibles seront prévenus, on ne s’avance pas sur ce terrain.
« bon, suite aux attaques de @epyleptique34 , la police m’a dit qu’ils allaient mettre en place une procédure de placement devant des génériques de manga»
3 – Collectionner les beaux faux témoignages et s’en vanter
Etre hautain passe nécessairement par la création et la diffusion de chimériques témoignages. Ceux-ci n’auraient pas vraiment de poids si vous ne vous en prenez pas à vos abonnés pour les rabaisser. Etre hautain, c’est savoir replacer tout un chacun à une place qui est sienne comme sur un arbre généalogique les bâtards oubliés.
« « Monsieur Enfoirus nous a apporté du rêve », c’est pas à mes abonnés que de tels éloges seraient envoyé … #mousdugenou»
4 – Dédaigner les invitations à de petits projets
Une vraie personne influente ne se déplace jamais dans de petits événements, voir n’hésite pas à se faire grassement rémunérer lorsque cela lui est possible. N’oubliez pas que vous êtes dans le paraître, ces événements ne sont que chimériques, il faut donc rester flou. Dans votre cas, cela vous permettra de créer une aura spéciale, de grand connaisseur, sans pour autant subir les affres d’une humiliation publique par votre propension à être incapable de donner une conférence.
Il ne faut donc pas hésiter à produire des tweets de ce type tellement désagréable pour refroidir toute demande tout en assumant une stature de dieu vivant délivrant son verbe :
« J’ai été invité à une conférence dans une petite commune, Bordeaux vous connaissez ? J’ai décliné évidemment, je ne vais pas n’importe où »
« Le type, il me demande de participer à son atelier pour les chomeurs, je lui répond 3 000, na mais il se prend pour qui »
5 – Moquez vous d’autres billets
Même si vous n’avez pas de blog, ou que vous écrivez comme un pied de Daltonien en discothèque, n’hésitez pas à vous gausser de la plume d’un « petit », à savoir d’un compte avec peu d’abonnés.
Ce dernier ne fait que commencer probablement, ivre d’espoir et de réussite comme un prisonnier sortant de la douche. En le brisant, vous évitez d’une part qu’un jour il vienne à vous détrôner, mais également vous lui lancer un signal fort : c’est vous le maître.
Enfin, votre sagacité à débusquer la médiocrité ne pourra être qu’être encensé par vos larves léthargiques que sont vos abonnés qui, trop contents d’avoir été prévenus d’un piège dans lequel ils auraient pu s’engouffrer, vous porteront en triomphe.
Exemple de tweet à placer sournoisement :
« Franchement le dernier article de @machin est d’une pauvreté rare, ça ce voit qu’il n’aura jamais mon calibre »

Regarde la médiocrité du monsieur, toi aussi tu peux écrire comme lui ... même si maman était saoul pendant sa grossesse
6 – Moquez vous du nombre de followers des autres
Il est de bon temps de rappeler à votre lectorat le nombre de vos abonnés, de manière insidieuse et sournoise. D’autant que grâce à nos prodigieux conseils, notamment par le followback, ils devraient être légion. N’hésitez pas à étaler votre cour à la vue des autres internautes comme un exhibitionniste sournois dans un catalogue de vente en ligne.
Ainsi, de manière hautaine, vous rappelez votre rang social numérique, rabaissant le caquet de vos abonnés dans une litanie mélancolique sous leurs yeux ébahis.
Exemple type de tweet à faire passer :
« Le client se targue d’avoir 1000 followers. Avec mes 18 000 je me gausse intérieurement. #menestrel-de-seconde-zone »
7 – N’hésitez pas à refuser les interviews ou les demandes étudiantes
Avec votre stature qui s’impose au grès de vos lectures d’ActaDiurna, nul doute que vous recevrez quantité de demandes d’interview de journaliste en manque de cérébralité ou d’étudiants décérébrés. Par mail, il est facile de les envoyer balader avec nonchalance par une longue lettre type que vous copierez et collez en n’omettant pas de commettre la faute de laisser un « Monsieur Dupont » pour toutes pour bien insister sur leur caractère générique, profondément dédaigneuse.
Sur Twitter vous devrez faire preuve de plus d’amertume au travers de Tweets de ce type :
« Jacques, je ne donne des interviews qu’à des journaux de qualité, tu comprends que je dois donc refuser »
« Robert, étant étudiant en Fac tu ne pourrais comprendre le sens de mes propos. Greviste n’étant pas un travail, je te conseil d’abord de t’en trouver un, ensuite reviens me voir »

Monsieur, ne vous enervez pas, je ne donnerai pas d'interview pour proktos magazine ... et lachez ma veste s'il vous plait vous en mettez partout
Conclusion
Grâce à nos prodigieux conseils, nul doute que vous serez auréolé d’une aura de spadassin aristocratique des médias sociaux, une sorte de légende, une icône, un mythe. Dandy des temps moderne, en vous dissociant avec dédain de la basse classe, de vos abonnés, vous vous élevez à un niveau de prestance fantasmagorique jamais atteint. Nul doute que leur regard sur votre humble personnalité sera changée.
La semaine prochaine, je vous apprendrais à mettre des moufles sur des mouettes pour les voir s’écraser sur les falaises.






Ho, la belle faute ! « vous vous élevés à un niveau » Sinon, c’est meugnon comme tout
Ce message s’autodétruira grâce au correcteur
Que nenni , la faute que vous évoquez a disparu. Nous avons mis au pilori un de nos stagiaires correcteurs grand merci à vous
Hum… ce n’est que l’une de la douzaine de fautes que contient cet article… à vue de nez !
J’en viens à me demander si derrière la prestance apparente – quasi oscarwildienne – des auteurs – ne se cacheraient pas de petits plaisantins coupables de blagues que l’on pourrait presque qualifier de potaches… Ou qu’à force d’appliquer leurs propres conseils, ils soient à ce point dépourvus d’amis que personne n’accepte plus de traquer les faux pas qui échappent à la machine
Diantre non. Un bon analyste se reconnait à ses fautes. Il est par ailleurs très dur d’arriver à un tel niveau, vous consentez.
« je te conseil d’abord de t’en trouver un » ou comment ladite personne perdra toute crédibilité envers un étudiant de la F.A.C., aussi illettré soit-il !
Bien sur que non, nous utilisons nous même ces méthodes et recevons quantité de demandes de stage
Et encore, il est possible de trouver pleins d’autres attitudes.
Le site Personal Branling (que je n’ai pas eu la chance de créer, p***, j’aurai bien aimé) l’illustre bien.
Il t’en manque un tout de même : Le tweetclash qui dérape devant la twittosphère.
ça peut coûter cher. Jusqu’à 12 000 €
Bravo tu as immédiatement fais penser à un (soi-disant) confrère pour toute la communauté du référencement.
C’est le conseil à 12k€ du jour (private joke).