Aujourd’hui, force est de constater que les geeks et les rouquins ont repris le pouvoir depuis la renaissance, à notre plus grand désespoir, il faut l’admettre. Malheureusement notre démoniaque agenda ne nous laisse guère de temps pour nous lancer dans de longues diatribes à l’encontre de ces créatures de la nuit, aussi nous nous excusons du format court que nous vous proposons cette semaine. Nous espérons pouvoir vous combler rapidement d’articles de 12 pages arborant l’utilisation de chatons morts nés un soir de concert de Michel Sardou pour obtenir un maximum de like sur Facebook et améliorer son score Klout à coup de sacrifice hunain.
En bref, les médias sociaux sont un excellent espace pour piéger un de vos collègues, soit par opportunisme pour lui dérober sa place de jeune coq arriviste, soit par vengeance mesquine ou tout simplement par pur plaisir malsain. Au delà du traditionnel faux profil, beaucoup trop simple et à la portée de tous, nous vous proposons aujourd’hui trois solutions très simples, à base de modifications, de bourdes, de captures d’écrans et de chants grégoriens.
Alors, êtes vous prêt à user de toute votre perversité pour mettre au supplice vos collègues ou allez vous vous laisser marcher sur les pieds palmés à la manière d’un mycologue hallucinogène ?
Facebook, en mode sournois
L’astuce nous a été dévoilée par un obscur modérateur de forums d’emplois à qui nous rendons grâce tous les jours pour ses conseils d’ursiné. Cependant, nous avons améliorer sa perfidie de manière plus sournoise.
Dans le cas présent, il s’agit avant tout de faire passer votre collègue comme un parangon de monstruosité, pour créer un sentiment glauque qui le mettra au banc de la société (dans les deux sens du terme société) tel un adepte du tunning de caniche bi-colores.
1 – Créez un statut mais ne le partagez qu’avec une seule personne, votre victime.
Ce statut devra porter comme épitaphe d’une époque insouciante : « Ma grand-mère est morte cette nuit dans d’atroce souffrances ».
2 – Puis aussi rapide qu’une personne de petite taille arpentant les glacials escaliers de marbre d’un obscure fort au large de La Rochelle, ajoutez un commentaire comme suit : « Non je suis juste énervé, elle m’a encore pourri parce que j’avais fait une erreur dans ses pilules, résultat plus d’héritage ».
3 – Attendez maintenant la réaction amusée de votre victime qui selon toute logique devrait être de type : « ah ah ah bien fait pour toi ».
4 – Supprimez votre commentaire pour que la discussion devienne comme (Guillaume) Tell :
Statut : « Ma grand mère est morte cette nuit dans d’atroces souffrance »
Commentaire : « ah ah ah bien fait pour toi »
5 – Maintenant, [mode sournois "on"] retournez dans les paramètres de visibilité et modifiez les pour que le statut soit en mode « amis » et « amis de mes amis » mais que seul votre collègue ne puisse le voir.
Le commentaire ainsi restera consultable (non il ne s’efface pas) par tous et seul votre victime ne pourra le lire sur votre profil. Il croira que vous l’avez effacé et ne s’en souciera guère.
Auprès de votre auditoire et du grand public il va cependant passer pour une véritable pourriture d’égout de Lille. Faites des captures d’écrans et envoyez les aux ressources humaines pour vous plaindre de l’ambiance délétère qu’il crée au sein de votre département. Attendez maintenant les retombées …
Si vous le croisez, criez à une erreur de manipulation de votre part (rajoutez des larmes, du sang et de l’urine) et accusez un stagiaire trop zélé pour l’envoie aux RH, il ne pourra qu’avoir de la sympathie pour vous qui avez été victime d’une mauvaise blague.
Twitter, en mode boulet
A la manière d’un éloquent homme politique ayant dépassé la limite de péremption, vous allez faire preuve de fautes de langage et tenir des propos qu’évidemment, vous ne maîtrisez pas et qui ne sont pas de votre fait. En mode boulet, nous appelons ça une boulette.
Cette méthode demande un peu plus de préparation, mais rien de bien méchant comparé à ce qui va s’abattre sur votre pauvre victime. Les cieux sont en colère tel un croc-mort devant un mort-vivant sans crocs, les éclairs fissurent la nuit dans un vacarme sans nom, couvert par les hurlements de votre folie. La flamme d’une petite bougie fait danser les ombres des chimères de votre schizophrénie sur le mur jaunie par le temps au rythme que vous découper votre victime … sur Photoshop.
1 – Oui car tout d’abord il vous faut obtenir une photo de votre collègue en soirée (vive Facebook) ou de télécharger un Photoshop d’essai et de faire un montage avec l’habilité d’un corbeau unipatiste.
2 – Sur Twitter, repérez le compte de votre chef ou de celui des DRH afin de pouvoir vous préparer à abattre votre terrible sournoiserie dans un élan d’orignal.
3 – Attendez que votre collègue malchanceux se mette en congé maladie (au pire éternuez sur lui jusqu’à effet) pour agir.
4 – Sur votre compte Twitter postez avec l’innocence d’un psychopathe dans un jardin d’enfant « Marrant, un ami a vu M’sieur Aloin à une party hier soir, (insérez le lien vers la photo), ça aurait plus @notreboss ».

Monsieur Aloin, de retour de fête ?Lassé des orgies de castor ? Pas de langue de bois, nous avons de sacrés preuves qui feront barrage à votre carrière ...
Et voilà, votre vénéré chef reçoit une notification comme quoi la brebis égarée n’était pas en congé maladie mais titubait dans le plus simple des habits au milieu d’animaux au pelage délicat. Diabolique ? Après vous pourrez dire « ah mais non, je me suis trompé, je ne savais pas que t’étais malade, j’ai dû te confondre, excuses moi … quoi si j’ai une pièce ? Ah oui tiens et bonne journée sous ton pont».
Google+, un Nin-ja peut cacher une Ja-nine
Dans l’imaginaire des Occidentaux et même des Japonais, image d’ailleurs largement colportée par les films ou bandes dessinées, on représente les ninjas comme des guerriers vêtus de noir, une cagoule masquant leur visage, accomplissant des exploits physiques en combat, des acrobaties, et experts dans les techniques de dissimulation, d’empoisonnement, et surtout de diversion. Leurs atouts principaux étaient leur furtivité et leur discrétion.
Google+ nous offre une véritable plate forme de fourbe-ninja-powerman pour qui a compris les enjeux du cercle (à défaut d’avoir compris le film du même nom) et de la fonction de modification. Il n’y a rien de plus facile que d’endosser le manteau de la nuit pour faire éclater la misère intellectuelle au grand jour.
1 – Créez un cercle incluant votre collègue, puis partagez un débat de type polémique (attention, je n’ai pas dit d’inviter Paul et Mick … pardon pour l’outrecuidance de ce jeux de mot à deux euros grecs, je sacrifierais un enfant velu)
« Que pensez vous d’Hitler les gars, il a fait des choses bien non ? »
2 – Attendez les réactions écœurées de votre victime. Laissez cet écorché vif suppurer sa hargne de jeune communiste rubicond adepte des grandes causes syndicalistes patronales. Selon toute vraisemblance (à moins qu’il ne possède point de cheveux, arbore une croix d’une bien étrange facture sur le bras droit et parle avec un fort accent aux relents de choucroute) il devrait vous insulter.
3 – Allez dans « modifier » le poste et changez pour :
« Moi je l’aime bien notre chef, Monsieur Durand, il fait des choses bien non ? Je comprends pas le surnom que tu lui donnes ».
4 – La conversation vient de prendre un nouveau sens à votre grand plaisir malsain.
5 – Encore une fois prenez une capture d’écran, puis supprimez la conversation à la manière d’un ninja fantasmagorique effaçant les traces de sa sanglante besogne après l’assassinat d’une éphémère innocence d’automne.
Enfin envoyez le tout à votre chef en bon employé que vous êtes et attendez le licenciement pour apporter votre malsaine candidature, un rictus diabolique figé sur votre visage comme un morpion myope sur un kiwi.
Et vous, nous partagerez vous des fourberies pour se dé de vos amis en les faisant passer pour des personnes mauvaises ?





Machiavélique, mais tellement bon
Merci !
C’est tellement ignoble qu’il faut le faire.
Allez y !!
Quitte à supprimer les posts en mode Ninja, pourquoi ne pas directement faire les photomontages des discussions dans Photoshop?
Parce que c’est trop facile !
J’ai découvert vos écrits avec cette article, j’ai passer 10 bonnes minutes de rigolade (malsaine bien entendu niark niark niark).
Vraiment excellent, je partage sans plus attendre !
Merci beaucoup
Ahhhhhhhhhhhh ! Acta Diurna reprend du service avec des conseils de haut vol ! Ca fait plaisir !
Oui, nous sommes bien arrivé avec notre boite à outil … la vengeance sera terrible
C’est fourbe! C’est ignoble! C’est vil! C’est tellement bien que je vais bookmarker cet article et que je vais m’en servir un jour!
Heureux que cela vous serve; n’oubliez pas d’utiliser un stagiaire comme bouclier par contre
Hummm, ce « Monsieur Aloin » devrait se méfier de certains de ses collègues perfides…
Je vais de ce pas égorger un poulet asthmatique pour fêter votre retour!
J’ai l’image de la tête du poulet qui virevolte dans les airs tel un bouchon de champagne … délicieux
Belle plume… Et bon post, ça donne des idées.
Les corbeaux ont de belles plumes
Plus encore que les mots savoureux, l’iconographie de cet article est magistrale. Bravo.
Un grand merci à vous Cyroul
Si je dis « c’est pourri comme plan » tu vas modifier ton post?
Non, nous ne sommes pas collègues. C’est pour ça que je ne commente presque pas les commentaires de Maître Pourriture.
Ca c’est cool. Merci pour le tuyau. Fourbe, mais ô combien amusant.
Merci mratchoum
Heureux de voir relire !!! Il serait intéressant d’essayer d’établir de tels plans diaboliques sur Viadéo ou LinkedIn, voir même sur des RSE.
Ah mais nous avons déjà réalisé des plans diaboliques sur Linkedin mon cher Dracula : http://actadiurna.fr/2011/05/09/comment-utiliser-linkedin-pour-declencher-une-guerre-entre-deux-concurrents-et-ainsi-en-recolter-les-fruits/
au siècle dernier, des jeux identiques se pratiquaient par téléphone avec les renvois et basculement d’appel.
c’était délicieux
@ docteur enfoirus,
il est intéressant de comprendre l’url de Viadeo pour pratiquer des impostures, voir des gageures
Vous pouvez nous éclairer ?
Note à moi même : ne pas postuler chez vous, trop dangereux pour son e-reputation.
Je me suis beaucoup amusé à la lecture de votre article. Cependant, je me félicite de ne pas vous connaitre trop personnellement. Soyez cependant assuré que je ne souhaite pas devenir votre ennemie, bien au contraire.